2 exemples concrets sur l’avancée de la France en matière d’innovations. 2 champs d’applications pour le moins porteurs :
- L’exploration du cerveau avec Neurospin;
- La lutte contre le vieillissement, un enjeu d’immortabilité en arrière-plan ?
La tryptique : réseaux concentrés de laboratoires de chercheurs / mise à disposition de technologies de pointe / financement et applications de marché des innovations a de beaux jours devant elle.
La France ouvre le plus grand complexe au monde sur l’exploration du cerveau
Les chercheurs français disposent, depuis le 24 novembre, de NeuroSpin, le plus grand complexe au monde entièrement dédié à l’exploration du cerveau et des processus cognitifs, où vont être mis en oeuvre des scanners d’imagerie médicale d’une puissance inégalée.
Le Premier ministre Dominique de Villepin a inauguré ce nouveau centre de recherches unique au monde, dont l’architecture futuriste évoque le signal des ondes sinusoïdales émises par le cerveau, sur le site principal du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à Saclay (Essonne). L’exploitation de NeuroSpin débutera en janvier. Ce sera à la fois une unité clinique et un laboratoire de recherche fondamentale. Le projet représente d’ores et déjà un investissement de 51 millions d’euros, avant même son extension prévue dans le cadre d’un partenariat franco-allemand.
Cent cinquante scientifiques, venus à la fois des neurosciences, de l’imagerie médicale et de la physique nucléaire, y travailleront dans ses 11.000 mètres carrés de laboratoires. Certains y oeuvreront à demeure, d’autres pour des missions ponctuelles, choisies sur appels d’offres.
Les chercheurs s’intéresseront aux maladies du système nerveux (sclérose en plaques), aux anomalies du développement intellectuel, aux affections psychiatriques (schizophrénie, dépression) et au vieillissement cérébral (maladie d’Alzheimer). Mais ils essaieront aussi de mieux comprendre les mécanismes cérébraux qui sous-tendent l’esprit et la pensée, avec pour objectif d’améliorer les interfaces entre l’homme et l’ordinateur.
Technologie vieille d’une trentaine d’années, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) consiste à émettre des ondes radios sur une partie du corps baignant dans un champ magnétique intense. Leur analyse et leur traitement permet d’obtenir une photographie en trois dimensions de l’organe examiné.
Le CEA en est l’un des pionniers, à travers son service hospitalier Frédéric Joliot, implanté dans la commune voisine d’Orsay. C’est aussi un spécialiste reconnu des aimants nécessaires au fonctionnement des imageurs IRM. L’un de ses services a ainsi mis au point les deux gros aimants supraconducteurs du centre international de recherche sur les particules, CERN.
Pour arriver à NeuroSpin à des images d’une définition inédite, il va falloir recourir à des champs magnétiques bien plus intenses que ceux utilisés par les instruments des meilleurs hôpitaux, qui ne dépassent généralement pas les 1,5 teslas (soit 30.000 fois le champ magnétique terrestre).
Les chercheurs de Saclay pourront travailler à l’échelle de groupements de quelques milliers de neurones, au lieu du million de neurones. Ils pourront aussi suivre les fluctuations du cerveau au centième de seconde près, alors que la rapidité des scanners actuels est de l’ordre de la seconde.
Deux des quatre machines de NeuroSpin sont déjà installées : l’une dotée d’un aimant de 3 teslas, pour les examens et les études cliniques, l’autre de 7 T, pour les études précliniques et cliniques chez l’homme.
En 2008 viendra s’y ajouter un appareil de 17,6 T, conçu pour les études sur les petits animaux. L’installation d’un scanner corps entier de 11,7 T, le plus puissant jamais construit dans le monde pour des études chez l’homme, est enfin envisagé dans le cadre d’un projet franco-allemand.
Source : PM
Opération BIOPARK ou recherche de l’immortabilité : mission impossible ?
La plateforme technologique associant groupes de recherche suisse, italien et français, commence à sortir de terre sur le site d’Archamp à deux pas de Genève. Elle devrait ouvrir dans un an. C’est autour de la thématique du vieillissement, de la longévité et du bien-être que ce chantier transfrontalier du Biopark démarre, associant laboratoire de recherche, équipements de pointe (imagerie et laboratoire de Confinement A3) et une animalerie spécialisée dans des modèles de vieillissement. Le conseil général de Haute-Savoie et les collectivités territoriales financent cet équipement qui dès la fin 2007, sera doté de 1800 m2 de laboratoires de recherche biomédicale pour un investissement global de 4 millions d’Euros.
La Fondation Rhône-Alpes Futur, responsable des sept plateformes régionales de Rhône-Alpes Génopole, gérera le personnel technique et les équipements mutualisés de la plateforme.
Elle visera aussi à intégrer Archamp dans les principaux réseaux régionaux, tels que le Génopole et le nouveau Biocluster transalpin créé par BioAlps (suisse romande), Adebag (Grenoble Rhône-Alpes) et BioIndustry Park (Turin / Piémont).
La fondation pour recherches médicales de l’université de Genève servira d’interface avec les réseaux scientifiques suisses. Déjà cinq projets sont sur les rails : dans le domaine de l’immunologie, pour mieux comprendre le processus de fragilisation du grand âge, de l’imagerie nucléaire, pour mettre au point des radiotraceurs capables de détecter précocement des lésions cérébrales.
Autres projets : celui de la médecine régénératrice pour développer de nouvelles approches thérapeutiques cellulaires pour la maladie d’Alzheimer et celui sur la régénération hormonale dans le système nerveux. S’ajoutent les recherches de François RIEGER (CNRS Grenoble), chef de projet Biopark associé à Patrick MARCHE (INSERM Grenoble) et à la jeune entreprise franco-genevoise Ge-Neuro, qui porteront sur la mise au point de nouvelles technologies d’essai préclinique en vue du développement de thérapies pour la sclérose en plaques.
Pour en savoir plus : Opération BioPARK
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