Chronic KrystO² – Blog sur l'innovation technolo











 
Neuromarketing: Kesako ?
 
Selon Olivier Oullier, chercheur en neurosciences, le neuromarketing consiste, par l’observation de l’activité cérébrale, à analyser les émotions des consommateurs pour savoir avec précision ce qui conditionne leur acte d’achat.
 
Pour résumer l’interview d’Olivier Oullier :
> Une discipline apparue au début des années 2000 (Anecdote fameuse sur une étude comparative Pepsi / Cola )
> Une science, des tehniques: IRM(f) qui mesure la consommation d’oxygène du cerveau, électro-encephalogramme qui mesure l’activitié électrique)
> Buts et résultats recherchés : percer les mystères des décisions multifactorielles d’un acte d’achat
> Une pratique discrète du fait d’une opinion publique défavorable, et réservée aux entreprises les plus riches
> Un eldorado pour des prestataires en marketing
 
 
Moralité:
 
Les conclusions du neuromarketing : "il ne faut surtout pas croire qu’il y ait un bouton ‘achat’ dans le cerveau."
 
 
 
Pour ou contre: les détracteurs face aux partisans
 
   
Gary Ruskin *     et    Cécile Guerel ** ont 5 questions auxquelles ils doivent répondre (idealement par la parole ! ) pour vous convaincre.

"La recherche en neuromarketing donne un aperçu sans précédent de la pensée du consommateur. Les résultats seront une augmentation des ventes, une préférence pour certaines marques, ou encore le fait d’obtenir que les consommateurs se comportent de la façon que l’on désire." Cette vision du neuromarketing par Adam Koval, ancien Chief Operating Officer de BrightHouse – société précurseur du neuromarketing, basée à un jet de pierre du siège de Coca-Cola – peut faire froid dans le dos. Les uns crient au contrôle de la pensée, les autres au délire paranoïaque. Et entre dangers pour la démocracie et raccourcis faciles, faute éthique et progrès scientifique, les arguments fusent.

> Le neuromarketing manipule-t-il ?

OUI : Gary Ruskin (Commercial Alert)

Le neuromarketing examine la réaction du cerveau d’un sujet à la vue de tel ou tel produit, pour prédire quand le consommateur va acheter. On utilise ces conclusions pour les réutiliser sur l’ensemble des consommateurs, dans le but de les influencer. Cette manipulation se fait donc complètement à leur insu : la recherche en neuromarketing donne aux entreprises les clés de nos processus de prise de décision.
Cela pose de plus une question éthique pour les médecins. Ils prononcent le serment d’Hypocrate, donc leur première obligation est de ne pas faire de mal au patient, ni à la société. Il n’est donc pas éthique qu’un médecin fasse de la recherche en neuromarketing.

NON : Cécile Guerel (En Tête)

D’abord, on ne peut pas manipuler le cerveau des gens comme ça… et il n’y a pas dans nos têtes de "bouton achat" qu’il suffirait de pousser. Le neuromarketing n’est qu’une autre méthode de mesure de la qualité d’une publicité, plus précise que les études de marché qualitatives : au lieu de demander aux gens ce qu’ils pensent d’un produit, on va regarder leur réaction dans leur cerveau. Cela sert à expliquer plus scientifiquement comment marche le marketing. Certes, le neuromarketing a aussi les travers du marketing. Mais ce ne sont que des outils : tout dépend ensuite de ce que l’on en fait. On pourrait, de façon tout à fait similaire, accuser le progrès en général. Pourtant, on ne le fait pas.

Ensuite, le neuromarketing peut justement être utilisé pour mieux respecter le cerveau du consommateur. Par exemple, les enfants n’ont pas la structure cérébrale nécessaire pour distinguer une publicité télévisée du monde réel. Vendre des petits gâteaux en montrant un enfant terrasser un monstre est donc, contrairement à ce que l’on imagine, très problématique. Le marketing est, incontestablement, dangereux pour les enfants. Le neuromarketing pourrait précisément aider à mieux comprendre leur cerveau… pour mieux le respecter.

> Le neuromarketing : plus dangereux que bénéfique ?

OUI : Gary Ruskin (Commercial Alert)

Certes, le neuromarketing peut être utilisé à bon escient, pour des campagnes de santé publique, pour rendre inattrayants aux enfants les produits dangereux… Mais il n’y a pas assez de bons côtés pour compenser tous les mauvais. D’ailleurs, même les campagnes de santé publique qui utiliseraient le neuromarketing pour faire porter leurs arguments ne seraient pas si bonnes : le principe de ces spots est de faire peur, alors qu’il est démontré qu’il est beaucoup plus efficace d’éduquer.

NON : Cécile Guerel (En Tête)

Aujourd’hui, les spots de prévention sur la sécurité routière sont effectivement très mauvais. Et le neuromarketing aide à comprendre pourquoi : le cerveau élimine ce qui est trop négatif. Certes, à froid, on se rappelle la scène d’accident représentée dans le spot. Mais quand on est confronté à une situation dangereuse en voiture, on est trop proche du traumatique et la publicité ne nous vient plus à l’esprit. On pourrait justement utiliser le neuromarketing pour concevoir une séquence qui porte réellement ses fruits. Ne serait-ce pas fantastique ?

Le neuromarketing peut-il favoriser les comportements irrespectueux ?

OUI : Gary Ruskin (Commercial Alert)

Beaucoup de publicités promeuvent agressivement, en particulier auprès des enfants et des adolescents, des valeurs et des produits dangereux : sexisme, violence, matérialisme, comportements asociaux… Le neuromarketing ne ferait qu’en augmenter les effets néfastes et, par conséquent, altérer le caractère de millions de gens. Cela impacterait la nature même de nos démocraties et les principes de liberté, de libre-arbitre et de responsabilité individuelle sur lesquels elles reposent. On imagine bien quels seraient les effets du neuromarketing employé pour de la propagande politique. Et bien pour la publicité, ils seraient les mêmes. On ne peut pas impunément attaquer le tissu social d’une communauté et saper les valeurs qui la soutiennent.

NON : Cécile Guerel (En Tête)

Le neuromarketing peut au contraire battre en brèche ce phénomène. Il lui est facile de démontrer qu’une femme nue fait nettement moins vendre qu’une publicité mieux ciblée. Les deux objectifs principaux que je vois au neuromarketing sont : premièrement, mieux respecter le cerveau des gens et deuxièmement, rendre le marketing plus efficace. On dit toujours que la publicité doit provoquer des émotions. Mais en réalité, aujourd’hui, chacun fait n’importe quoi. Prenez l’exemple des publicités Benetton qui, de l’avis de tous, sont allées trop loin dans la provocation : boat-peoples, sidéens mourants… En dix minutes, le neuromarketing aurait démontré leur inefficacité et évité aux gens de les subir.

> Le neuromarking est-il dangereux… pour la santé ?

OUI : Gary Ruskin (Commercial Alert)

Le marketing est déjà dangereux. Le neuromarketing est encore plus efficace, donc encore plus dangereux. L’un des principaux dangers du neuromarketing est par conséquent l’accroissement des épidémies de maladies liées au marketing : obésité, diabète, addiction aux jeux d’argent, désordres alimentaires, tabagisme… Par exemple, si le neuromarketing augmente l’efficacité du marketing du tabac de 5 %, cela veut dire 22.000 morts de plus par an rien qu’aux Etats-Unis. En un mot : le marketing est l’un des grands maux du XXe siècle et on s’apprête à l’accélérer.

Mais cela veut aussi dire que le neuromarketing fait un mauvais usage de technologies médicales. Elles devraient être employées pour guérir, alors qu’elles sont susceptibles de provoquer de la souffrance. Cela n’est pas normal.  

NON : Cécile Guerel (En Tête)

Le neuromarketing est une nouvelle façon de faire du marketing. Il a effectivement pour but de faire en sorte que le marketing soit plus efficace. L’objectif étant, évidemment, de vendre. On peut bien sûr se demander "pourquoi vendre ?". Mais, alors, faire le procès du marketing, c’est faire le procès du capitalisme. Effectivement, une personne qui vend des gâteaux n’a rien à faire des obèses. Mais il ne faut pas accuser l’outil quand c’est la finalité qui est en cause : si on ne veut pas que les gens meurent du tabac, il faudrait surtout commencer par ne pas fabriquer de cigarettes. Après, c’est effectivement une très importante question d’éthique : en l’occurrence, je pense qu’on ne doit pas faire du neuromarketing pour vendre des cigarettes ou des produits destinés aux enfants.
 

> Si les entreprises le cachent, c’est donc que c’est honteux ?

OUI : Gary Ruskin (Commercial Alert)

Si le neuromarketing était inoffensif, les entreprises qui en font ne le cacheraient pas. Or aucune ne communique. Pourquoi leurs responsables n’arrivent-ils pas à expliquer pourquoi le neuromarketing n’est pas dangereux, alors qu’ils sont censés être des spécialistes ? C’est pour le moins troublant…

Cela rejoint d’ailleurs l’idée que l’on ne connaît pas ses effets : les publications privées restent confidentielles et il n’y a quasiment pas de recherches publiques sur le sujet. Il est urgent d’en exiger.

NON : Cécile Guerel (En Tête)

Si certains grands groupes, comme Coca-Cola, n’osent pas avouer qu’ils font du neuromarketing, c’est précisément à cause d’organisations comme Commercial Alert, qui utilisent des raccourcis monumentaux et n’hésitent pas à porter des attaques très virulentes contre le neuromarketing. Du coup, la société américaine BrightHouse, qui a véritablement inventé le neuromarketing, prétend aujourd’hui ne plus en faire. Et par rebond, Coca-Cola non plus. Evidemment, c’est totalement faux, mais ils n’osent plus le dire. Ce n’est pas notre stratégie : nous disons ce que nous faisons et nous mettons un point d’honneur à défendre notre pratique du neuromarketing, car il est important de mettre un terme aux mensonges et aux approximations.

 

* Gary Ruskin est le directeur exécutif de Commercial Alert, organisation américaine à but non lucratif "combattant les dangers de la société de consommation".
** Cécile Guerel  est directeur d’En Tête, cabinet de conseil français en neuromarketing.

Source : Journal du Net

Votre dévouée reporter ARTAccès en direct de la Révolution Technologique

 

 

 

 

 
 

 

 



{1 février 2007}   En direct de la Silicon Valley !
"Avec miuro, nous voulons redéfinir le secteur des robots grand public" 
 
 
Sony n’est pas le seul à fabriquer des robots au Japon. La société ZMP est venue dans la Silicon Valley pour présenter miuro, un robot musical et danseur à la base mais qui a d’autres ambitions. Explications de Hisashi Taniguchi, PDG de ZMP.

Quoi qu’on en dise, la Silicon Valley attire toujours les entrepreneurs du monde entier. Ainsi, la start-up japonaise ZMP, experte dans la robotique et qui vient de lancer au Japon le miuro, un robot musical conçu en partenariat avec son compatriote Kenwood (Pour voir une vidéo de démonstration, cliquez ici). En visite la région, ZMP prépare son lancement aux Etats-Unis et en Europe prévu vers le milieu de l’année prochaine. Explications d’Hisashi Taniguchi, le PDG de la jeune pousse japonaise.

Pourquoi avoir choisi la Silicon Valley pour présenter votre entreprise?

D’abord, c’est une région qui reste synonyme d’innovation technologique et d’esprit d’entreprise. Ici, personne ne sera étonné de voir une start-up, sans beaucoup de moyens mais avec un produit innovant, vouloir se lancer sur le marché grand public américain et espérer vendre dans des grandes surfaces comme Best Buy ou Circuit City. De nombreuses jeunes pousses l’ont déjà fait et c’est ce savoir-faire que nous sommes venus chercher ici. Nous sommes aussi ici pour nouer des partenariats afin de développer des nouveaux produits autour de notre gamme de robots qui, ainsi, collera peut-être mieux aux besoins du marché américain. Une démarche importante mais pas nécessaire comme l’a prouvé le succès du robot Aibo de Sony.

Justement, Sony a arrêté la commercialisation de son robot. Y-a-t-il vraiment un marché pour de tels robots domestiques?

J’en suis persuadé. Pour Sony, l’Aibo était plus un projet pour tester ce petit marché qu’une stratégie à long terme. Pour nous, c’est notre raison d’être. Nous ne faisons que des robots qui côtoient l’homme. Nous avons lancé notre premier robot humanoïde, pino (pour pinocchio) puis nuvo, il y a six ans, après plusieurs années de recherche financées par le gouvernement japonais. Aujourd’hui, nous sommes une équipe de 20 personnes et nous en sommes déjà à la troisième génération de nuvo. Avec miuro (musical robot), un robot domestique que nous avons lancé fin août au Japon, notre but est de redéfinir le secteur des robots grand public.

Comment?

Tout simplement en combinant notre savoir faire dans la robotique (mouvements, déplacement, intelligence artificielle, détection des objets, senseurs, reconnaissance vocale et visuelle…) et la communication avec le monde extérieur, pour l’envoi et la réception de contenu. Miuro est le premier exemple de ce robot ludique : il danse et s’illumine en fonction de la musique qui passe dans ses oreilles (haut-parleur) et peut même vous suivre dans une autre pièce. Mais Miuro est aussi une chaîne hi-fi pour iPod de haute qualité grâce à notre partenariat avec Kenwood. Une approche que nous voulons poursuivre, en collaborant par exemple avec des experts en vidéo, en téléphonie, etc. Enfin, grâce à la liaison Wi-Fi intégrée, Miuro peut recevoir du contenu venant d’Internet. Aujourd’hui, ce sont des stations de radio Internet ou de la musique venant de l’ordinateur ; mais cela pourrait bien être du courrier électronique ou un appel téléphonique. Notre but n’est donc pas de créer un simple robot qui soit agréable à voir et amusant pendant les quelques premières minutes. Mais un appareil qui soit aussi utile et évolutif. Je ne crois pas qu’il existe quelque chose de similaire sur le marché aujourd’hui, et c’est pourquoi je suis ici dans la Silicon Valley!

 
 
Pour finir cette interview en beauté, parfois l’humour doit rester de mise. Comme vous pourrez le constater ci-dessous !
 
Quelle est l’utilisation idéale de votre robot personnel ?
 
A/ LE ROBOT MENAGER

 

B/ LE ROBOT GARDE DU CORPS

 

C/ LE ROBOT POLYVALENT

 
 
 
Alors, quel sera votre dernier mot ?…
 

Source : L’expansion

Votre dévouée reporter ART Accès en direct de la Révolution Technologique

"Si ces robots s’humanisaient, inversement les êtres humains se robotiseraient-ils ?"

 [Paul Guth]
Extrait de Le mariage du naïf

 



 
 
 
 
Avec les outils de l’informatique, Gilbert Chauvet, chercheur pluridisciplinaire a réalisé une construction théorique du vivant qui à notamment pour objectif de découvrir et de tester de nouveaux médicaments. Partisan d’une hypothèse déjà formulée par Descartes et selon laquelle les mathématiques nous donnent accès à la connaissance des lois de la nature, il en tire des conséquences sur l’ensemble des processus du vivant, en particulier sur la compréhension de la conscience de soi telle qu’elle a pu surgir dans le cadre de l’évolution des espèces.

L’un des problèmes essentiels en biologie est de comprendre comment la matière vivante est organisée, comment les mécanismes se sont graduellement construits au cours du développement d’une espèce et comment ils ont permis le passage d’une espèce à l’autre. En se fondant sur la théorie de l’évolution qui établit l’origine commune et unique de tous les êtres vivants, Gilbert Chauvet a élaboré un modèle où la conscience voit le jour dans l’intelligence artificielle.
 
Pour développer ce sujet, rien ne vaut une interview avec l’auteur soutenu et complété par Christophe Jacquemin. Cette interview s’est construite autour du thème suivant : la conscience va-t-elle se développer dans un ordinateur ou bien la conscience est-elle le propre de l’homme… seul au monde capable de ressentir différentes émotions de manière autonome …
 

Qu’est-ce que la conscience naturelle ?
Gilbert Chauvet (GC) : La conscience est une notion qui commence seulement à être vraiment étudiée d’un point de vue scientifique et il n’existe actuellement pas de définition rigoureuse de la conscience.
Voici ma définition, qui repose sur 4 propriétés, dont la principale est l’existence de la réflexivité, c’est-à-dire la conscience de l’autre dans soi. Il existe en effet plusieurs types de conscience : celle qui est liée à l’anesthésie, par exemple, et celle dont nous parlons ici -la conscience de soi- notion beaucoup plus difficile.

La conscience est-elle le résultat de l`évolution ?
GC : C’est une très bonne question qui revient à en poser une autre, qui est d’ailleurs celle qui m’intéresse ici, à savoir : la conscience est-elle une fonction physiologique, autrement-dit, repose-t-elle sur le cerveau et par conséquent, résulte-t-elle de l’évolution ? Ma réponse est oui, bien évidemment. Le problème est donc de démontrer que la conscience a des propriétés qui découlent de la physiologie du cerveau.
Je parle ici d’un point de vue théorique, c’est-à-dire d’un modèle formalisable, explicatif et prédictif de la conscience comme résultat de l’activité cérébrale
.

Comment définir un système intelligent ? Est-ce la conscience qui définit l’intelligence ?
GC : Intelligence et conscience sont deux choses différentes, dans la mesure où l’intelligence peut se ramener à un algorithme réalisé par le cerveau, alors que pour la conscience, cela reste à démontrer et, a priori, je pense qu’il s’agit d’autre chose.
Christophe Jacquemin (CJ) : Certains chercheurs en robotique -tel Alain Cardon par exemple- pensent que la conscience est du domaine du calculable, mais cela reste encore à démontrer.
GC : Tout le problème est aussi de pouvoir donner une définition de la conscience, en termes physiologiques.

Comprendre l’intelligence naturelle pour créer une intelligence artificielle, dans quel but ? Y-a-t-il des applications concrètes et prometteuses pour l’Homme ?
CJ : Oui, il y a des applications concrètes pour l’Homme : les robots, les prothèses "intelligentes"…
Un exemple : l’exploration spatiale. Un robot sur Mars doit pouvoir faire des actions par lui-même, être autonome.
Plus on comprendra l’intelligence naturelle, et plus on ira sur la voie de l’autonomie pour les robots.
CG : Comprendre l’intelligence naturelle exige une compréhension de type mathématique pour être implémentée sur un ordinateur.

 

Qu’est-ce qu’une prothèse intelligente ?
CJ : Une prothèse intelligente est une prothèse dirigée par un processeur selon un programme, et qui permet de la contrôler par la pensée.
GC : Un des problèmes actuel posé par les prothèses intelligentes -in vivo- n’est pas l’action effectuée par cette prothèse mais l’interfaçage entre le tissu vivant et le processeur, en raison du rejet, comme toute greffe.

Les joueurs d’échec vont-ils de nouveau être menacés par les performances des superordinateurs à l`avenir ?
CJ : Oui. Là, il s’agit d’une question de puissance de calcul, qui ne cesse d’augmenter. Plus difficile actuellement est la réalisation d’un système permettant de battre les champions au jeu de go.


Pourrait-on un jour créer une intelligence artificielle qui décide de se retourner contre l’Homme?
CJ : C’est un vieux fantasme. En fait, cela pose la question de savoir si une machine peut avoir un comportement qui n’a pas été préalablement programmé. Mais les recherches actuelles, montrent qu’effectivement, une machine peut avoir un comportement -dans une certaine mesure- qui n’a pas été programmé. C’est ce qu’on appelle l’émergence.
GC : Il faut prendre cette affirmation avec beaucoup de précautions car faudrait-il encore démontrer que ce type de comportement n’est pas dû à une loi mathématique traduite par les règles du programme et que l’on ne connaît pas.
CJ : Oui et ceci montre l’importance de la nécessité que des mathématiciens prennent à bras le corps ces questions, ce qui n’est pas vraiment le cas.


Les processus algorithmiques sont-ils suffisants pour décrire l’intelligence ?

GC: L’intelligence, sûrement (à condition d’être d’accord sur la définition de cette intelligence). La conscience, je ne pense pas.

L’intelligence artificielle, c’est surtout de l’informatique ou de la biologie (voire de la physique) ?
GC : L’intelligence artificielle fait partie des mathématiques appliquées. L’intelligence naturelle, c’est de la biologie, de la physique et des mathématiques.
CJ : Et la psychologie ?
GC : A condition qu’elle soit fondée sur les processus cérébraux, c’est-à-dire la physiologie du système nerveux central.

Est-ce qu’on pourra cartographier toutes les émotions ou il reste une dimension purement psychologique ?
GC : Oui, les émotions sont des processus cérébraux dans lesquels interviennent les hormones. On pourra les cartographier.

Par rapport à l’émergence : existe t-il des règles éthiques en intelligence artificielle, comme pour la manipulation des cellules souches en bio ?
CJ : Certains chercheurs ont en effet commencé à évoquer le besoin de comité d’éthique. Cela n’existe pas pour l’instant, mais je suis sûr que cela va exister dans un futur très proche.

Dans quelles directions s’oriente la recherche en robotique et en intelligence artificielle ?
CJ : Il y en a beaucoup et ce serait vraiment très long de toutes les citer ici. Celles qui m’intéressent : l’autonomie du robot, l’émergence des langues, la reconnaissance des formes, la fouille de données intelligentes. Des questions comme celle-ci : est-il possible de donner de la "curiosité" à un robot ?

Pensez-vous que reproduire artificiellement un comportement animal (les cafards par exemple) en recherche fondamentale pourrait avoir un impact sur des systèmes artificiels, des machines qui seraient capables d’interagir avec les animaux domestiques ?
C’est déjà ce qui est fait en ce moment pour analyser les comportements sociaux de tels insectes. Le comportement d’une société de fourmis par exemple, peut être traduit en termes informatiques, les règles étant de nature biochimique (odeur…).

Pensez-vous qu’il y ait une conscience animale ?
GC : Oui, des expériences le montrent (dauphins, singes, chat…). Je parle ici de la conscience miroir, le fait de se reconnaître dans l`autre.

 

La conscience n’est donc pas le propre de l`Homme ?
En effet, elle n’est pas le propre de l’Homme. Encore une fois, il faut s’entendre sur ce qu’est la conscience et qu’il existe des degrés de conscience différents car elle est liée aux possibilités d’apprentissage et de mémorisation, par conséquent aux performances du cerveau.

L’ordinateur de 2001, l’Odyssée de l’Espace, c’est plausible ?
GC : Non car la conscience, pour moi, n’est pas le résultat d’un algorithme.
CJ : Dans un autre registre, j’aimerais citer l’expérience "Talking heads" qui a été menée par le laboratoire Sony CSL ou des agents logiciels (situés) ont pu se mettre d’accord sur un répertoire commun de mots (face à des situations). Ceci montre que des machines peuvent se mettre d’accord sur le sens de mots. Cela serait très long à expliquer ici, mais on peut trouver de plus amples explications sur le site de Sony CSL.
http://talking-heads.csl.sony.fr/

et : voir la vidéo (en anglais) : http://www.fkaplan.com/fr/multipage.xml?pg=6&id=96700&from=1&to=10

Modéliser des réseaux de neurones suffira-t-il à comprendre l’émergence de raisonnements complexes ?
GC : Oui, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait pour l’intelligence du mouvement, mais à l’intérieur d’un cadre théorique qui permet de mathématiser les fonctions physiologiques. Cela-dit, il ne faut pas confondre les structures cérébrales qui ont un certain comportement et le comportement qui peut être le raisonnement.

Attribuer de l’intelligence à un robot revient-il donc à reproduire les modèles physiologiques cérébraux chez l’Homme d’où découlent émotions, réflexions… ? Finalement, c’est quoi l`intelligence naturelle ?
GC : S’il s’agit d’une intelligence naturelle, autrement-dit, avoir un comportement identique à l’humain, la réponse est oui. C’est une série d’opérations, donc réductibles à un algorithme.
Chacune d’elle étant effectuée par une structure cérébrale.


Pouvez-vous nous proposer un bon livre qui traite ce sujet ?
GC : Le mien, forcément (rire) !!!
Le titre est : "Comprendre l’organisation du vivant et son évolution vers la conscience"
Ce livre montre que jusqu’à présent (c’est-à-dire avant mes travaux), il n`existait pas (et quoi qu’on en dise) de théorie générale (donc intégrative) des systèmes vivants.
Une théorie doit être différente d’un modèle, dans la mesure où elle suppose une représentation spécifique (à la biologie) et un formalisme mathématique, lui aussi spécifique.
La théorie doit être valable pour tous les systèmes biologiques, le modèle décrit, lui, un système spécifique avec ses propres hypothèses dans le cadre de la théorie.
L’avantage d’une théorie générale, c’est qu’elle permet d’avoir un formalisme unique et par conséquent un programme informatique permettant de coupler tous les systèmes biologiques, quels qu’en soient les niveaux d’organisation, par exemple, passer du niveau moléculaire au niveau comportemental de l’organisme.

 

Question à Mr. Chauvet, est-ce qu’une théorie capable de décrire l’évolution des espèces et des individus, dans le temps et dans l’espace, du niveau moléculaire au niveau social pourrait être un argumentaire supplémentaire pour les antiévolutionnistes ?
GC : Une telle théorie apporte des arguments en faveur de l’évolution puisqu’elle décrit l’évolution de l’espèce en fonction de sa physiologie. Elle est donc en faveur des évolutionnistes.

Est-il possible d’expliquer les organismes vivants par des lois ? Si oui, peut-on imaginer un jour la mise au point d’un seul médicament luttant simultanément contre différents problèmes ?
GC : Merci pour cette question. La réponse est bien sûr oui, car une théorie intégrative permet d’expliquer l’influence du niveau moléculaire sur les niveaux supérieurs et donc conduit à la détermination de médicaments sur des critères physiologiques, à l’aide de simulations. La théorie permettant de coupler plusieurs systèmes, on peut en effet concevoir un médicament pouvant agir sur ces différents systèmes.
C’est ce que je suis en train de vouloir réaliser, en créant actuellement mon entreprise.


En vous lisant, j’ai l’impression que la vie en générale se résume aux mathématiques, non ?

GC : Oui, je crois comme en physique, à l’intelligibilité mathématique de la Nature. Et plus un système est complexe, plus il doit satisfaire à des lois mathématiques, sinon il n’existerait pas. En réalité, il s’agit certainement plus qu’une croyance, dans la mesure où de nombreuses observations le confirment (stabilité des systèmes).

Selon vous, l’intelligence émane-t-elle de la complexité ou d’autre chose ?
Elle émane essentiellement de l’organisation complexe des réseaux de neurones.

Source de l’interview : suite à un chat sur L’Internaute

 
> Pour en savoir plus :


Une véritable révolution de la Biologie : Une révolution scientifique encore trop ignorée. Scientifiques et amateurs de biologie, vous ne pouvez passer à côté de cet ouvrage de référence. 

> Pour prolonger le thème de l’intelligence artificielle et le développement d’une conscience

Votre dévouée reporter ARTAccès en direct de la Révolution Technologique

"Science sans conscience n’est que ruine de l’âme"   [François Rabelais] 
                                                                           
Extrait de Pantagruel



 
Daniela Cerqui, anthropologue face à Kevin Warwick, premier cyborg :

une collaboration électrisante sur courant alternatif !

Le mariage du vivant avec l’électronique est un domaine qui excite l’imagination de nombreux auteurs de science-fiction. Les scientifiques ont réussi depuis le début de la décennie à passer la première étape du test vers le vivant in vitro et in vivo (implants, puces dans le cerveau permettant la communication avec l’environnement). Je vous invite à confronter deux avis divergeants sur l’avenir de l’homme dans un monde cybernétique.
 
 
<<  QUELLES VALEURS S’EXPRIMENT DANS LA TECHNOLOGIES ?
Cybernétique : monde post-humain ou sur-humain… >>
 


Daniela Cerqui 
 
Enseignante à l’Institut d’Anthropologie de l’université de Lausanne, Daniela Cerqui, dont la thèse portait sur l’avenir de l’humain, poursuit actuellement des recherches au sein du département de cybernétique de l’université de Reading (Grande-Bretagne). En tant qu’anthropologue, elle étudie les interactions entre technologies et sociétés, l’informatique omniprésente. Elle travaille en particulier sur l’implant de puces, en collaborant aux recherches de Kevin Warwick, qui s’implanta la première puce dans le corps humain.

InternetActu.net : Les puces dans les objets, les espaces, on commence à s’y faire… Mais il est encore difficile de les imaginer dans nos chairs. Vous qui travaillez avec un homme qui s’est implanté des puces dans le corps, pouvez-vous nous expliquer ce que ça change, pour lui, pour vous, dans son environnement immédiat ?

Daniela Cerqui : Quand on parle des nouvelles technologies et leur relation avec l’humanité, on en parle toujours en terme d’impact, or ce n’est qu’une partie du problème que les technologies mettent en relief. L’autre partie pose la question de savoir quelles valeurs s’expriment dans la technologie ? Quand on regarde le problème sous l’angle de l’impact, on reste dans les conséquences : la technologie est une donnée intangible. Or, la technologie ne nous est pas arrivée dessus par hasard ! C’est nous qui y injectons des valeurs. Si on veut comprendre les changements en cours, il faut prendre en compte les valeurs que notre société place dans la technologie.

Kevin Warwick a désormais retiré la puce qu’il s’était fait implanter dans le corps. Quand elle l’était, l’élément saillant de son expérience était l’accès à l’information en continue : le contact permanent avec son environnement. Il a réalisé de manière concrète ce que nous faisons tous de manière métaphorique quand on se connecte à l’internet. Son expérience à pris cette métaphore à la lettre. L’une de ses expériences les plus marquantes a consisté à manipuler une main robotique par la pensée. D’abord, une main robotique qui était à côté de lui. Puis une main robotique qui se trouvait de l’autre côté de l’océan Atlantique. L’impulsion nerveuse qui la commandait étant transmise via l’internet.

L’humain standard n’est pas équipé pour manipuler ses membres à distance, ni pour en manipuler 1000.

InternetActu.net : Face aux déceptions liées à l’intelligence artificielle, il semble qu’on soit un peu passé de l’idée de pouvoir reproduire l’intelligence humaine dans une machine à celle de transformer notre corps et notre environnement en machines. Après avoir travaillé plusieurs années auprès des chercheurs et visionnaires les plus engagés dans le sens du "post-humain", quel est votre sentiment sur le potentiel et les risques de ce mouvement ? S’agit-il d’un courant de pensée et de recherche marginaux, ou bien au contraire, d’un mouvement de fond ?

Daniela Cerqui : Ces chercheurs sont en effet souvent présentés comme des marginaux, alors qu’ils ont au contraire, une longueur d’avance sur nous. Nous sommes dans une société où l’on valorise l’accès le plus rapide possible à l’information. Nous véhiculons tous ces valeurs, par l’usage quotidien de nos téléphones mobiles, de l’internet, etc.

L’implant, n’est que le dernier pas de cet accès toujours plus immédiat, où l’organisme fusionne avec l’objet. Certains appellent cela la post-humanité ou la sur-humanité… Cela peut faire sourire, or ces chercheurs formulent tout haut ce que nous faisons déjà tous aujourd’hui avec les technologies de l’information et de la communication.

Bien évidemment, les potentiels sautent aux yeux, notamment les thérapies permettant demain d’aider les personnes handicapés. L’actualité récente, dans le cas de Claudia Mitchell, cette ex-marine américaine qui a retrouvé l’usage de son bras amputé grâce à une prothèse commandée par la pensée, nous en a offert un très bon exemple. Mais j’ai plutôt tendance à voir les risques, par déformation professionnelle. Et le risque principal n’est rien moins que la disparition de l’humain.

On utilise souvent un argument évolutionniste pour justifier l’apparition du post-humain : l’idée étant que c’est pour s’adapter à la complexité de son monde que l’homme est appelé à s’adapter. Mais contrairement au schéma évolutionniste classique, nous ne sommes pas là face à une espèce qui s’éteint, dont l’avenir est sans horizon. Nous décidons peut-être de devenir autre chose qu’humains, de construire un avenir qui n’est plus humain.

Pour autant, la distinction entre potentiel et risque est hasardeuse. Car même sous l’angle de la thérapie, le risque de construire d’autres handicaps existent. On le voit bien dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication dont on sait combien elles sont facteurs d’exclusion et de discrimination. Dans l’administration notamment, une grande partie des services auxquels ont accède de plus en plus souvent en ligne, exclut toute une catégorie de la population et créé un nouvel analphabétisme. Le lien entre le contenu de la puce et votre cerveau, est-il intrinsèquement porteur de sens ou pas ? Sans compter que le paradigme de l’accès, fait obstacle à l’idée qu’il y a des choses à apprendre avant d’accéder, que ce soit avec votre clavier ou avec une puce implantée dans votre corps.

Prenons un exemple. La DARPA travaille a améliorer la vue du pilote de chasse, via des implants de rétine pour que sa vue parvienne à 120 % de ses possibilités. Si ces recherches aboutissent, demain, nous serons considérés comme handicapés si nous ne profitons pas de ces technologies. Je suis un peu myope, ce qui est un problème assez bénin, et je mets des lunettes pour ne pas avoir à plisser les yeux quand je regarde les gens. Mes étudiants d’ailleurs ne l’accepteraient plus. Ils me diraient, si je n’en portais pas, « mais pourquoi ne portez-vous pas de lunettes ? ». Tout cela pour dire que la norme a changé : on n’accepte plus qu’on ne cherche pas à combler ses handicaps. Un peu comme l’usage du téléphone portable : plus on s’habitue à ces techniques, moins on accepte qu’on ne les utilise pas.

InternetActu : Nous ne deviendrons pas cyborgs (si bien sûr nous le devenons) du jour au lendemain mais peut-être même par inadvertance, après avoir, sans trop y penser, implanté des puces et des machines dans les animaux domestiques, les malades d’Alzheimer, les handicapés, les enfants qu’on a peur de perdre, les anciens délinquants sexuels, etc. Qui décide aujourd’hui des limites à ne pas transgresser ? Faut-il à votre avis une prise de conscience et un débat conscient sur ce thème ? Est-ce possible ? Si oui, comment l’engager ?

Daniela Cerqui : Il n’y a pas de limite. Ou plutôt, il y en aurait. Il suffirait de les définir. Mais, si certaines recherches peuvent être considérés aujourd’hui comme de « l’amélioration », qu’en sera-t-il dans 5 ou 10 ans ? Reprenons l’exemple de l’amélioration de la vue des pilotes de chasse : dans combien de temps l’amélioration de la vue deviendra -t-elle une question de santé ?

Je pense qu’il faut une prise de conscience claire. Il nous faut du débat. Dans leurs labos, les scientifiques construisent un avenir très éloigné des usagers. Nous participons tous de ce mouvement, ou au moins nous l’acceptons. Or, il nous faut confronter nos idées.

Ce que j’enseigne à des étudiants en science sociale est inutile si je ne me mêle pas aux praticiens dont je parle. Cette confrontation est stimulante car les gens n’ont pas les mêmes présupposés que moi. Ils interrogent mes valeurs, ils me forcent à les décrire… De plus en plus, j’écris des articles et participe à des congrès avec Kevin Warwick où nos deux points de vue apparaissent afin de proposer à notre auditoire deux directions complètement différentes. Ni lui ni moi ne changerons notre manière de voir les choses… Au début de notre collaboration, il ne cessait de m’expliquer qu’il fallait devenir des cyborgs et je ne cessais de lui demander pourquoi, de mon point de vue d’anthropologue attaché à l’humain. Petit à petit nous avons appris à argumenter. Ce qui nous semble important aujourd’hui, c’est de faire part de la dualité de notre réflexion à d’autres, pour donner aux gens matière à mener leur propre réflexion à tracer leur propre voie…

Il faut brasser les idées opposées… L’avenir peut-être radieux, mais aussi ne pas l’être.

Mais les choses évoluent… A l’époque ou j’ai commencé à parler des implants, tout cela semblait très théorique. Pour beaucoup de gens, je travaillais sur de la science-fiction. Maintenant, on ne me le dit plus.

Ce qui est sûr, c’est que franchir la barrière du corps, fait ressurgir des craintes, des peurs. Pourtant, pour beaucoup, nous sommes déjà des cyborgs : que nos machines soient à l’intérieur ou à l’extérieur de nos corps ne change pas grand chose, nos lunettes, nos téléphones font déjà de nous des humains augmentés. Pour certains, la barrière du corps n’a donc pas d’importance. Je ne le crois pas. Disons plutôt, que la question de l’identité et de l’intégrité de l’homme reste ouverte et que j’y travaille.

InternetActu.net : On a l’impression qu’avec ces réseaux de puces, dans le corps ou non, nos environnements intelligents vont prévenir nos désirs d’une manière fluide et naturelle. Mais l’expérience , disons, de nos magnétoscopes, devrait nous rendre plus circonspects sur les capacités des designers à atteindre un tel objectif. Que se passe-t-il en outre quand les processus s’emballent, interagissent, se hackent, se mixent, se syndiquent, s’agrègent, se dissolvent… ?

Daniela Cerqui : C’est à croire qu’on n’apprend pas des erreurs passées. On veut lutter contre la complexité en multipliant encore plus l’information. Forcément, si l’information est présente partout, le phénomène devrait s’emballer. De là à laisser les machines prendre le pouvoir…

Quand il y a quelque chose qui ne va pas avec la technologie, on développe une technologie plus compliquée. Plus simple dans l’interface utilisateur, mais qui prend en compte toujours plus de paramètres. Plutôt que de se préoccuper de solutions sociales à apporter aux problèmes sociaux, de solutions politiques aux problèmes politiques, on pense que la technologie résout tous les problèmes. Il faudra bien s’apercevoir un jour que ce n’est pas toujours vrai.

 
 
>> Rappel du paradigme cybernétique de Daniela Cerqui
 La définition communément admise de la société dite de l’information se base sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC): téléphones, ordinateurs, Internet… Selon Daniela Cerqui (1), l’information elle-même est centrale, que l’on parle des technologies de l’information ou de génétique, deux domaines devenus inséparables.

De là découle une notion clé du travail de la chercheuse, celle du paradigme cybernétique: la matière dont nous sommes faits importe peu en regard de l’organisation et du code informationnel. Entre une table et un humain, une seule différence: l’organisation des atomes!
Si tout peut un jour être décodé, tout s’équivaudra et pourra être maîtrisé. «Dans cette mise à plat qui permet notamment le développement de l’intelligence artificielle et de la robotique, tout n’est qu’accumulation d’informations reliées entre elles par un code.» Et une fois le code connu, il est aisé de le reconstruire dans une machine… Comme, depuis une décennie, nous voulons accéder de plus en plus rapidement à l’information, notre distance avec les machines ne tient qu’à un fil. Et comme les nouvelles technologies de l’information cherchent à maîtriser le temps et l’espace pour accéder à tout en temps réel, les implants et la symbiose homme-machine sont susceptibles d’autoriser cette accessibilité immédiate. Alors, tous cyborgs, avant la disparition finale du corps?

Daniela Cerqui remarque que l’immatériel fascine toujours et que la rupture cartésienne entre corps et esprit n’a pas disparu. «Elle est redéfinie et ne se présente plus comme une scission entre corps et esprit, mais entre, d’une part, le corps et l’esprit traduits dans leur matérialité et, d’autre part, la traduction de cette matérialité en codes manipulables.» ISi

En 2005, à l’Université de Lausanne, Daniela Cerqui a soutenu sa thèse Humains, machines, cyborg. Le paradigme informationnel de l’imaginaire technicien. Infos: wwwpeople.unil.ch/daniela.cerquiducret
 
 
 >>  JE SUIS UN CYBORG  <<
 
 
- Interview de Kevin Warwick
Kevin Warwick, chercheur au département de cybernétique de l’université de Reading se considère comme le premier cyborg. En 1998, l’expérience Cyborg 1 consiste à lui implanter une puce dans son avant-bras. Cette puce lui sert de contrôle d’accès et lui permet, lorsqu’il se déplace, d’ouvrir les portes ou d’allumer les lumières de son laboratoire. En 2002, l’expérience Cyborg 2 introduit un implant sur son nerf médian. L’influx est bi-directionnel, comme l’explique Isabelle Stucki pour le quotidien Suisse Le Courrier et lui permet, entre autre, de faire bouger une main robotique via l’internet. La prochaine étape du programme devrait consister en un implant dans le cerveau pour développer la communication par la pensée.
 
Sources : Actus Internet  
 
 Votre dévouée reporter ARTAccès en direct de la Révolution Technologique

"Cybernétique : l’homme est plus apte à imiter la pensée qu’à imiter la vie." [Jean Rostand]
 


 
 
 


La parole au directeur de SQLI sur la restructuration des médias qu’engendre le Web 2.0.

Blogs, Vidéocast, Webcast et Wiki ne sont pas seulement une nouvelle source d’information. Ils révolutionnent la structure des médias et la relation entre l’annonceur et ses cibles.

 
 
Grâce aux blogs, vidéocast, webcast et wiki, le Web 2.0 donne au Web un nouveau rôle par rapport aux médias traditionnels avec ses qualités, ses défauts, ses défenseurs et ses détracteurs comme tout média émergent. Mais l’influence de ces nouvelles sources d’information ne s’arrêtent pas là. Elles agissent directement sur le marketing et la communication traditionnels en modifiant la structure des médias et la relation entre l’annonceur et ses cibles.
 
 Web 2.0 : naissance d’une définition suite à une session de brainstorming
 
La génèse de Web 2.0 selon Wikipédia :
"Le terme a été inventé par DaleDougherty de la société O’Reilly_Media lors d’un brainstorming avec Craig Cline de MediaLive pour développer des idées pour une conférence conjointe. Il a suggéré que le Web était dans une période de renaissance, avec un changement de règles et une évolution des business model."
 
 
"Web 2.0 est un terme souvent utilisé pour désigner ce qui est perçu comme une transition importante du World Wide Web, passant d’une collection de sites web à une plateforme informatique à part entière, fournissant des applications web aux utilisateurs. Les défenseurs de ce point de vue soutiennent que les services du Web 2.0 remplaceront progressivement les applications de bureau traditionnelles."

Quels concepts pour quels usages ?

 

 
Nouvelles possibilités offertes aux utilisateurs :
  • Créer du contenu grâce aux blogs (Blogger, Typepad vous connaissez ?) ;
  • Modifier du contenu existant à l’aide des wikis (Wikipedia en est la figure la plus emblématique) ;
  • Manipuler du contenu avec la syndication (RSS, Atom, OWL…) ;
  • Structurer le contenu via les folksonomie (del.icio.us, Flickr…).

Nouvelles possibilités de paramétrage / personnalisation innovantes :

  • Créer sa page (NetVibes, MySpace, Live, Yahoo! 360°…) ;
  • Modifier le comportement d’une page (grâce aux extensions GreaseMonkey pour Firefox) ;
  • Enrichir un service en ligne en lui ajoutant des extensions (comme les modules de JotSpot) ;
  • Créer son application en ligne à l’aide de composants (à l’image de Ning pour les applications tournant autour des réseaux sociaux).
Impacts réels sur l’e-commerce :
 
  • Créer des boutiques éphémères (Woot en est le pionnier) ;
  • Permettre aux utilisateurs de devenir des prescripteurs (Squidoo et la Shoposphere de Yahoo! Shopping pour les anglophones et Zlio pour les francophones) ;
  • Mettre à contribution les clients pour enrichir la description d’un produit (Amazon fait ça très bien avec l’ouverture récente d’un wiki pour chaque produit ainsi que la possibilité d‘uploader des documents concernant les produits) ;
  • Autoriser des nouveaux modes de découverte d’un catalogue (la boutique Etsy propose ainsi des modes de navigation surprenant sur la gauche de l’écran).
  •  
    "Web 2.0 et information participative, enrichissement ou appauvrissement de l’information ?"
     
    Contre : le débat tourne souvent autour du manque de fiabilité des informations publiées, la difficulté de vérifier les sources ou le pouvoir disproportionné donné à certains individus qui ont construit leur audience par la qualité de leurs contenus, mais aussi grâce à la prime du premier arrivant dans la blogosphère qui donne automatiquement une visibilité plus forte en terme de référencement.

    La capacité d’un individu à descendre par un billet, une marque, une entreprise, un auteur, une personne ou un produit en fait frissonner plus d’un : "mais qui est-il pour se permettre de juger ?". On notera par exemple la récente implication de Loïc Le Meur dans la campagne de Nicolas Sarkozy. Cette anecdote démontre pour la première fois la reconnaissance du Web par la politique comme un véritable média capable d’influence. Loïc le Meur représente avec son blog la "nouvelle génération d’entrepreneur" (dixit lui même), Doc Gyneco par sa personnalité subversive "les jeunes" ou Johnny Halliday par sa musique "la France entière".

    Pour : le Blog constitue un média alternatif à une société de l’information de plus en plus privatisée par le monde de l’entreprise et contrôlée par le monde politique. Au moment de la guerre en Irak, le bloggueur Kevin Sites, journaliste à CNN donnait librement sa vision de la guerre en Irak quand CNN lui a demandé de suspendre son blog en décalage avec le consensus pro-Bush des groupes médias en place.

    Ce contre-pouvoir médiatique pourrait aussi devenir nécessaire en Europe pour faire face à la privatisation des groupes de presse qui s’accélère avec les difficultés financières rencontrées par les médias traditionnels (Libération racheté par Rothschild, France Soir en crise, Le Monde en difficulté …).

     
    "Quelle est l’influence de cette nouvelle donne médiatique sur le marketing et les médias traditionnels ?"
     
    Le lien est évident, la société de l’information et des médias a toujours été financée par la publicité (pages de pubs, spots tv, sponsoring…). Le fait que le marketing politique s’approprie de manière de plus en plus évidente ce média est un signe caractéristique de l’acceptation du Web comme un véritable média alternatif de notre société avec ses qualités et ses défauts, et non plus comme un simple outil de relais en ligne des médias traditionnels (articles de presse en ligne, rediffusion vidéo ou radio).

    Le Web a le pouvoir de cumuler les fonctions de média alternatif basées sur la notion d’information participative du "consommauteur" avec la capacité de devenir la plate-forme de convergence de tous les médias traditionnels. Je m’explique : Le Web propose aujourd’hui au citoyen-consommateur que nous sommes de lire la presse en ligne gratuitement ou en payant, de visionner le dernier 20 h de France 2 en vidéocast gratuitement, d’écouter son émission de radio préférée en podcast ou de télécharger sa musique préférée en se créant son propre programme radio.

    Résultat : l’espace publicitaire des plus gros mass-médias perd de la valeur puisqu’il tend à être de plus en plus zappé par le consommateur. Admettons que je décide de regarder le 20 h et la météo, je suis obligé d’allumer la TV un peu avant et de me soumettre à un tunnel de publicité et d’infomerciaux avant le journal et après pour pouvoir consommer de l’information.

     

    Ce que je peux faire à la place ? Regarder le journal en vidéocast sur le Web de France 2, sans publicité et à l’heure que je veux. Pour la météo, pas de problème, je l’ai en live pour ma région grâce à un flux RSS qui m’envoie la pluie et le beau temps en live sur mon aggrégateur ! J’ai accès à l’information sans être exposé aux messages publicitaires des annonceurs !

    Ce n’est pas un hasard si les programmes TV des chaînes mass médias principales semblent appauvrir intellectuellement leur contenus. En effet, les grandes messes du 20 h, de la météo ou du film du soir sont menacées. Seuls l’exclusivité et le populaire peuvent réunir une audience dispersée : des programmes live, de la télé-réalité, du sport avec droits exclusifs, des jeux ou des séries exclusives sont les seuls capables de fidéliser une audience de plus en plus habituée à zapper, télécharger ou podcaster.

    Cet exemple s’applique à tous les médias traditionnels (Presse, radio, TV). Seul l’affichage publicitaire -média intrusif par excellence- échappe à la règle. Et encore, la modernisation des terminaux mobiles (téléphone, smartphone, mp3 et vidéo player) diffusant de l’info TV et podcast radio, ainsi que la percée de la presse gratuite généraliste et spécialisé (20 minutes le matin , Direct soir en fin de journée, Sport…) détachent de plus en plus l’attention des citoyens-consommateurs de l’affichage. Dans les transports en commun par exemple : pourquoi regarder les affiches en attendant le métro ou le bus si je peux lire un journal gratuit ou regarder un film ou le 20 h sur mon téléphone portable ?

     
     
    "Le financement des médias traditionnels par la publicité est en train de vivre une révolution."
     
    Les agences de publicité et d’achat d’espace l’ont bien compris et essayent de réagir en créant des départements "marketing services" et en intégrant le Web au cœur des plans médias de leur centrales d’achat. Les principaux acteurs de l’économie média traditionnelle et de la nouvelle économie s’arrachent les portails de services les plus connus du Web 2.0 à grands coups de millions d’euros.

    Cette nouvelle tendance devrait inciter les fonctions marketing et les agences à penser complètement différemment leurs investissements publicitaires en tirant parti de cette nouvelle répartition de l’audience qu’offrent le Web et l’ère numérique.

    D’un côté, les services du Web 2.0 offrent la possibilité de connaître les cibles, car elles sont authentifiées ou appartiennent à des communautés d’intérêt, de l’autre, le morcellement et la multiplication des médias et leur accès par le Web permettront de cibler ses campagnes au plus juste.

    Nous sommes dans une phase de transition forte ou l’investissement publicitaire traditionnel perd en efficacité sans que le modèle Web ne soit assez mature pour proposer une alternative structurée (pas de mesure d’audience certifiée sur internet, ROI des campagnes difficile à mesurer, publicitaires en retard sur la connaissance du media Web…).

    Cette transition incite les media-planneurs à appliquer les recettes du mass média au Web au bénéfice d’une poignée d’acteurs principaux vendeurs d’achat d’espace et de mots clefs en ligne (Google,Yahoo…) en attendant que le paysage médiatique Web et la culture du marketing on-line se structurent.

    Pour les annonceurs : la tendance s’oriente évidemment vers du marketing de plus en plus ciblé, le marketing de masse se segmentera par communauté et le one to one en sort légitimité. Les plans médias, plans marketing et les campagnes de pubs ne pourront selon moi que s’enrichir de cette nouvelle donne. La convergence médiatique et la segmentation affinée des cibles pourront donner naissance à des campagnes plus créatives, plus efficaces et moins intrusives avec une meilleure répartition des investissements médias dans les plans marketing. Le financement de l’information par la publicité devra être plus intelligent, car mieux ciblé au sein des médias.

    Pour les citoyens-consommateurs : l’information pure s’enrichira par le Web 2.0 de la contribution directe de "consommauteur" plus nombreux, plus matures et fédérés par des aggrégateurs de news plus professionnels pour apporter un contrepouvoir aux puissants médias traditionnels. Cette "intelligence collective nécessitera sans doute une forme ou une autre de contrôle (encore à inventer), mais ne sera pas plus dangereuse qu’une information majoritairement contrôlée par des politiques et financées par des capitaux privés.

    Le plus surprenant, c’est que la plupart de ces perspectives avaient déjà été envisagée en 2000 par les gurus du Web…avec 6 ans d’avance. Pourtant, cela ne pouvait pas fonctionner car :

    - l’équipement des foyers, le bas débit et les coûts de développement techniques pour faire de la personnalisation dynamique de contenu ou diffuser du son et de la vidéo ne pouvaient pas permettre la révolution actuellement en cours.

    - La structure quasi monopolistique du paysage médiatique n’était pas encore morcelée par la multiplication des chaînes TV, la diffusion de titres de presse gratuits et la multiplication des blogs, podcast et wiki issus de la vague Web 2.0 et n’offrait donc pas la possibilité de financer les contenus Web par de publicité.

    > Pour en savoir plus :
    - Web 2.0 : entre mythe et réalité 
    - Mini-guide humble sur les exemples porteurs du Wev 2.0
    - Participez à la conférence Web 2.0 – 7-9 Novembre 2006 (San Francisco)

    Source : Journal du Net / Fred Cavazza
     
    Votre dévouée reporter ARTAccès en direct de la Révolution Technologique


    Moteurs de recherche collaboratifs : plus humains et plus pertinents

     

    Yahoo Answers, Google Co-op ou Yoono en France… les services de recherche d’informations basés sur l’échange et le partage au sein d’une communauté se multiplient. Analyse d’une des grandes tendances actuelles du web avec Allen Weiner, vice-président du cabinet Gartner.

    La recherche coopérative ou "social search" est la nouvelle tendance du moment. Tout le monde s’y met, de Ask.com à Yahoo, en passant par Google, Lycos, Eurekster, YouTube, etc… Allen Weiner, l’analyste du Gartner qui surveille ce secteur, nous explique que la recherche classique telle que l’on la connaît aujourd’hui, ou recherche algorithmique, a atteint ses limites. Chaque requête retourne des centaines voire des milliers de réponses qui seront elles mêmes différentes en fonction du moteur de recherche utilisé. Une manière d’améliorer la pertinence et de personnaliser les réponses est de faire appel à un réseau comme une communauté d’experts qui pourront guider les utilisateurs dans leur recherche. Un service que les internautes semblent apprécier. Yahoo affirme en effet que son moteur "social" devance Google dans des pays comme la Corée du Sud ou Taiwan, friands de recherches personnalisées.

     

    Comment expliquez-vous la mode actuelle de la recherche dite coopérative ?

    Allen Weiner. Ce n’est pas un phénomène nouveau. Amazon a d’ailleurs été l’un des premiers à faire appel à un aspect de cette recherche plus humaine en permettant à ses utilisateurs de donner leur avis sur le contenu (livres, musique, etc…) disponible à la vente, de faire recommandations, etc. La recherche coopérative, comme son nom ne l’indique pas forcément, existe grâce à la volonté des internautes de donner et de partager leur opinion avec le reste d’une communauté. En "balisant" certaines pages Internet, en partageant leurs marque-pages ou en laissant des commentaires. N’oubliez pas aussi que l’algorithme PageRank de Google est un autre exemple des premiers pas de cette recherche coopérative: à la base, PageRank comptabilise le nombre de liens pointant vers une page Web. Plus il y a de liens vers cette page, plus le classement de celle-ci s’améliore dans les résultats d’une requête. Or ces liens étaient créés par des humains, du moins au début, et non par des machines.

    La recherche coopérative va-t-elle remplacer la recherche algorithmique?

    Je ne crois pas. Les deux types de recherche sont importants et complémentaires. La recherche algorithmique permet d’être exhaustif en s’appuyant sur l’indexation de millions de pages Web. C’est un point de départ. En revanche, la recherche algorithmique ne tient pas compte du contexte dans lequel la question est posée. Un élément que seule aujourd’hui la recherche coopérative ou humaine est capable de vraiment comprendre. Par ailleurs, il est aussi intéressant de noter que les requêtes des internautes comportent aujourd’hui plus de mots, signe que les gens sont à la recherche de réponses plus complexes, plus profondes, plus pertinentes. Mais de son côté, la recherche coopérative comporte aussi des risques de subjectivité que les différents moteurs devront résoudre avant que les utilisateurs ne fassent vraiment confiance aux réponses coopératives.

    Justement. Comment faire le tri entre les bonnes et les mauvaises réponses des outils de recherche coopératifs?

    Comme pour la recherche algorithmique, les moteurs devront développer des techniques automatiques pour éviter la fraude ou le spam, et s’assurer de la qualité des réponses. Dans le cas de la recherche coopérative, il est important de développer un mécanisme qui détermine l’autorité, la valeur et la fiabilité des "experts" humains à l’origine de ces informations. Comme le fait eBay pour évaluer ses vendeurs et ses acheteurs ou les sites de vidéo sur Internet comme YouTube. Mais pour vraiment permettre à la communauté des utilisateurs de s’autoréguler, il est important que les moteurs proposent des outils efficaces et simples permettant de dénoncer une erreur ou un fraudeur. Comme le fait aujourd’hui Craigslist pour sa communauté, et nombres d’autres sites.

    Quels sont les moteurs de recherche qui proposent aujourd’hui les deux types de recherche?

    Ask.com a été l’un des premiers à faire appel à la communauté des internautes pour fournir des réponses. Yahoo, avec Answers, est aujourd’hui le plus populaire puisqu’il est ouvert à l’ensemble de ses 500 millions d’utilisateurs. Tandis que Google, avec Co-Op, a choisi de limiter son service à un groupe restreint "d’experts" même si, en interne, on m’a confirmé que Co-Op est aussi capable d’accepter des réponses provenant du grand public. J’ai trouvé aussi très intéressant que parmi les réponses d’une recherche algorithmique lancé sur Google, on puisse trouver des résultats provenant des réponses "coopératives" des utilisateurs de Yahoo Answers!

     

    Source : L’Expansion

    Votre dévouée reporter ARTAccès en direct de la Révolution Technologique

     



    Des clips videos à la pelle : "MSN Video" versus "YouTube"  –  Faites votre choix

     

    Huge protests in France over jobs plan

    March 29: Angry at proposed measures that would loosen longtime job-security laws, an estimated one million people protest in French cities. NBC’s Keith Miller reports.

     

     

    Hooked on a feeling

     Mitch Buchanan ha tomado algo muy jodido….

     

    YouTube, la nouvelle référence vidéo sur Internet

    Ce tout jeune site permet aux internautes de diffuser et de partager facilement et gratuitement des clips vidéo en ligne. Son objectif : vivre du sponsoring et de la publicité. Analyse d’un succès foudroyant avec Steve Chang et Chad Hurley, les co-fondateurs de YouTube.

    Avec plus de 30 millions de clips diffusés quotidiennement, YouTube surclasse Apple, Google et Yahoo sur le secteur convoité de la vidéo sur Internet. Démarré il y a moins d’un an, cette start-up Internet de 22 personnes, que certains surnomment  à tort le "Napster de la vidéo", est entièrement gratuit.

    Le sucès de YouTube, crée en février 2005, est indéniable : selon Hitwie, entre octobre et decembre derniers, la fréquentation de YouTube a augmenté de 873%, et Forbes rapporte que 15 millions de vidéos sont regardés quotidiennement sur le site, qui en cmpte 20  000 nouvelles chaque jour.

    Créateurs de YouTube, Chad Hurley et Steve Chen sont partis d’un constat très simple : "Durant un diner, nous avons pris des photos et tourné des petites vidéos avec nos appareils numériques. Le lendemain, en voulant nous envoyer ces vidéos, nous nous sommes rendu compte qu’il n’était pas facile de les partager. Nous avons alors pensé que nous n’étions surement par les seuls à nous heurter à cette diffucultés."

    Une des clés du succès de YouTube est précisément sa simplicité d’utilisation. Après s’être créé un compte, il suffit de donner un titre à sa séquences vidéo, de lui associer quelques mots-clés, et de la mettre en ligne, en respectant la limite de 100 Mo. Quel que soit le forma, elle est convertie en flash pour une utilisation simplifiée. Le bouche-à-oreille suffit ensuite à en faire la publicité.

     Rencontrés à l’occasion de la conférence PC Forum, les co-fondateurs de YouTube, Steve Chen et Chad Hurley, expliquent comment ils comptent monétiser ce succès d’audience auprès de généreux sponsors et comment ils entendent combattre le téléchargement illégal de clips sur leur site.  

    D’où vous est venue l’idée de créer YouTube?

    Steve Chen. C’était l’année dernière, à la suite d’une soirée où nous avons tourné plusieurs séquences vidéo: nous nous sommes rendus compte de la difficulté de partager ces clips avec nos amis et nos familles. Il n’y avait pas de sites où les télécharger; et puis, il fallait avoir les bons lecteurs multimédias et les bons codecs pour les visualiser. On a donc commencé à réfléchir à un service qui soit 100% Web – c’est pour cela que nous utilisons Macromedia Flash – et où il serait facile de mettre ces vidéos à disposition, de les partager, d’y ajouter des commentaires et de les noter. Aujourd’hui, nos utilisateurs déposent plus de 30.000 vidéos par jour sur YouTube et nous diffusons plus de 30 millions de clips quotidiennement. Techniquement, cela nous a obligé à développer un logiciel de supervision sous Linux déployé sur des centaines de serveurs loués et répartis un peu partout dans le monde. Car la moitié de notre trafic vient de l’extérieur des Etats-Unis. Une des raisons de ce succès, je crois, vient du fait que nous offrons la possibilité aux gens d’inclure les vidéos que nous hébergeons sur leurs pages Web ou sur leurs blogs. 

    AOL et NBC vous ont récemment demandé de retirer des clips qui avaient été téléchargés illégalement sur YouTube.  Quelle est votre politique en matière de copyright?

    Chad Hurley. Dans la licence d’utilisation que tous nos utilisateurs sont obligés d’accepter, nous spécifions bien qu’il est interdit de télécharger sur notre site des clips vidéos protégés par le copyright, comme des films ou des séries télévisés. On se rend évidemment compte que cela ne suffit pas. Nous sommes donc en train de développer des outils pour aider les propriétaires de contenus à identifier les morceaux piratés sur notre site. Par ailleurs, nous limitons aujourd’hui à 10 minutes la durée des clips sur YouTube (contre 100 Mo avant). On s’est rendu compte que les internautes passent généralement de 2 à 3 minutes à visualiser une vidéo, guère plus.  

    Aujourd’hui, le stockage et la consultation des clips vidéo sur YouTube sont gratuits. Comment comptez-vous gagner de l’argent?

    Chad Hurley. D’abord, notre objectif est de conserver le principe de la gratuité, ce qui nous distingue d’iTunes ou de Google Vidéo. Car pour nous, permettre à des artistes de recevoir un feed back aussi large que possible de la communauté YouTube, est bien plus important que d’essayer de se rémunérer sur les clips. On se garde bien sûr la possibilité d’inclure des liens sponsorisés. Mais on préfère avoir des sponsors comme Nike, les studios de cinéma ou les chaînes de télévision comme MTV ou SkyTV en Angleterre. Ils payent pour faire la promotion de leurs contenus et pour que leurs vidéos soient bien mises en valeur. Et ils y ont intérêt, car autrement leurs clips seraient noyés parmi les milliers d’autres téléchargés quotidiennement sur notre site. YouTube a donc vocation à devenir à la fois un outils promotionnel pour les fournisseurs de contenu et les grandes marques, et un site de partage gratuit pour les clips personnels.    

      Source : L’expansion

     

    Bonne visite , un seul mot d’ordre : faites-vous plaisir !

     

    Skateboarding Dog

     
    Tyson is a skateboarding dog. Here he skates by the beach. Never thought a bulldog could maneuver a board on four wheels!
     
    Votre dévouée reporter ARTAccès en direct de la Révolution Technologique
     
     
     



    "Le pilotage de l’informatique par le cerveau est déjà une réalité"

    L’entrepreneur nous brosse sa vision des grandes mutations technologiques actuelles. Droit d’auteur, mutation des médias, biotique, biométrie… Passe en revue les grandes questions du moment en rapport avec son dernier livre : La révolte du pronétariat.

     

    Dans votre livre, qui désignez-vous par "infocapitalistes" et "pronétaires" ?
    Joël De Rosnay.
    Les pronétaires, mot formé à partir de ceux qui sont pour et sur le Net, sont capables de produire des contenus numériques en compétition avec les professionnels. Ils défient ainsi les pouvoirs industriels traditionnels. Ceux des majors de la musique notamment, ceux que j’appelle les "infocapitalistes" parce qu’ils sont propriétaires des contenus, des droits de diffusion et des grilles de programme.


    La lutte des classes aujourd’hui, êtes-vous sûr ?

    Non, j’ai choisi ce terme et ce titre de manière à provoquer le débat. Le rapport de force entre pronétaires et infocapitalistes n’a que peu de choses à voir avec la lutte des classes décrite par Marx au sens économique et conduisant à des enjeux vitaux.


    Comment s’est réparti votre travail avec Carlo Revelli sur ce livre ?

    J’ai eu l’idée du livre. J’ai rassemblé toute la documentation, écrit les trois quarts du livre. La collaboration de Carlo Revelli a principalement porté sur la partie concernant AgoraVox et les techniques de push et de pull pour obtenir de l’information ainsi que sur les méthodes de veille.


    Vous parlez de veille intelligente. Comment la mener ?

    Face à l’infopollution, c’est-à-dire à la pléthore d’informations, nous devons tous filtrer, sélectionner, rendre pertinente l’information. Il existe pour cela des méthodes, des logiciels, des moteurs de recherche, des forums d’échange. C’est ce que, avec Carlo Revelli, nous avons essayé de synthétiser dans la démarche de la société Cybion.fr que nous avons créée il y a presque une dizaine d’année.


    Parmi vos autres sujets de prédilection : la biotique… Où en est-on aujourd’hui ?

    D’abord, pour en savoir plus sur ce thème, je vous propose de visiter mon site Web : www.derosnay.com et de taper dans "articles" le mot clé "biotique". Je rappelle qu’il s’agit du mariage de la biologie et de l’informatique pour favoriser les interfaces homme / machine et des circuits électroniques moléculaires pour les ordinateurs du futur. Ces recherches explosent actuellement dans des dizaines de laboratoires dans le monde en particulier grâce à l’essor des nanotechnologies.


    "Potentiel du Web 2.0" : peut-être vaudrait-il mieux, tout d’abord crever la baudruche qu’est cette appellation sans fondation, non ?

    Je suis d’accord avec vous, c’est un terme marketing pour les sociétés de logiciel et de matériel, je préfère penser à la réappropriation du Web par les pronétaires ! Appelez-le "notre Web" si vous le voulez plutôt que Web 2.0 !

    Une nouvelle bulle est-elle en train de se créer ?
    C’est possible mais elle pourrait très bien ne pas exploser.


    Quelles sont les cybertribus dont vous parlez dans votre livre ?

    Ce sont tous les groupes qui se constituent à partir de la blogosphère : amateurs de musique, d’art, de voyages, de livres, de technologies. Il me semble que plus le monde se "mondialise", plus il se "tribalise".

    Ce qui va à l’encontre des prédictions du début des années 1990 selon lesquelles le Web serait une immense machine à homogénéiser. Aujourd’hui, on observe tout le contraire. D’où les tribus auxquelles nous appartenons tous désormais, quels que soient nos fonctions et rôles dans les différentes couches de la société.


    Qu’est-ce que vous appelez la "nouvelle nouvelle économie" ?

    L’économie traditionnelle s’est fondée sur la gestion de la rareté. D’où l’invention des économies d’échelle permettant la production de masse à partir d’usines centralisées, fabriquant des produits standards et distribués en masse tout en étant soutenus par une publicité de masse. Depuis 50 ans, nous vivons sous le pouvoir des mass media : TV, radio, édition, téléphonie, publicité.

    Avec la société du numérique, tout change. Les pronétaires sont dotés d’outils numériques de production professionnelle : musique, vidéo, texte. Les économies d’échelle se transforment en diffusion de masse de produits numériques qu’on appelle des plates-formes, comme par exemple Netscape ou Explorer. La valeur ajoutée naît du partage massif de telles plates-formes. La nouvelle nouvelle économie va donc naître à partir de flux massifs sur des sites gratuits, intéressants et "fun", à partir desquels il sera possible de vendre des services personnalisés à très bas prix.

    Les consommateurs satisfaits en parleront, c’est le buzz (bouche à oreille). D’où mon équation : Flux + Buzz = Bizz (business). En d’autres termes, il vaut mieux vendre 10 centimes d’euro un produit à 10 millions de personne avec 90% de marge (ce qui fait 900 000 euros) que 10 euros à 10 000 personnes avec 30% de marge en raison des coûts d’investissement et de marketing, ce qui ne fera que 30 000 euros. Voilà la base de la nouvelle nouvelle économie.


    Croyez-vous que l’on puisse "échapper" à ce pouvoir des mass media ?

    Un des moyens d’échapper au pouvoir des mass media est de renforcer celui des médias des masses, par notre contribution à tous. Permettez-moi d’ajouter, en paraphrasant une formule célèbre : "pronétaires de tous les pays, unissez-vous !"


    Avec Agora Vox, vous mettez en péril le journalisme "traditionnel"…

    Je le pense pas. Le journalisme traditionnel va devenir complémentaire du journalisme citoyen. Chacun a besoin de l’autre. On assiste déjà à des collaborations entre de grands médias et des journalistes amateurs faisant partie de ce que j’appelle "le néo-journalisme collaboratif".

    Ce type de journaux en ligne ne tuera pas la presse traditionnelle qui bénéficiera toujours de sa marque, de la confiance des lecteurs, ses références et sa capacité de médiation.


    Va-t-on assister à un éclatement des grosses chaînes de medias ? Aux Etats-Unis, Murdoch rachète les blogs autant que les journaux ?

    C’est tout à fait possible. On va assister à une production décentralisée. Ce qui est de bonne augure. Les monopoles sont ébranlés, les structures pyramidales aussi. Tant mieux pour l’avènement des réseaux collaboratifs d’intercréativité.


    Quelles sont, d’après vous, les initiatives les plus pertinentes en ce qui concerne le développement des nouvelles technologies ouvertes à tous ?

    Les logiciels libres évidemment, la téléphonie gratuite – de type skype.com -, la télévision en P2P utilisant les logiciels comme BitTorrent pour télécharger des séquences vidéo, les licences de type "creative commons" pour échanger gratuitement des oeuvres numériques…

    Des logiciels comme Typepad ou Movable Type également, pour faciliter l’usage des blogs. Les logiciels de podcasting pour diffuser des interviews ou de la musique. En résumé, tous les outils logiciels ou matériels qui favorisent l’essor des médias des masses et l’intercréativité.


    Est-ce que demain, le cerveau pourra piloter un ordinateur directement ?

    C’est déjà le cas. Des chercheurs ont connecté des neurones en culture avec un programme flight simulator et ont permis de maintenir l’assiette de l’avion par reprogrammation bio-informatique en quelque sorte. Michael Nicolelis, de la Duke University, a connecté le cerveau d’un singe à un bras robotique, placé à 1 000 kilomètres, permettant à ce singe de saisir, par la pensée, des fruits se trouvant devant la caméra de télévision qui renvoyait une image couleur sur l’écran placé en face de lui.

    De nombreuses expériences de ce type ont été réalisées dans le monde. Elles offrent beaucoup d’espoir pour les handicapés en leur permettant de contrôler leur environnement. Mais elles sont aussi lourdes de menaces car elles intéressent bien entendu les militaires et pourraient conduire, si on agissait de l’extérieur vers le cerveau, à une manipulation du corps humain.

    En résumé, ces techniques très avancées, sont désignées sous le terme général de BMI – Brain Machine Interface - ou BAT – Brain Activated Technology. Faites une petite recherche sur Google pour en savoir plus à partir de ces mots clés ou lisez les extraits de mon livre "l’homme symbiotique – 1995 Edition du Seuil" sur www.derosnay.com  "livres".


    Comment observez-vous la tendance en faveur de la convergence des canaux de communication et informatique ?

    J’étudie cette convergence depuis plusieurs années. Il ne s’agit pas seulement de la convergence liée au numérique mais aussi de celle attachée à des modules physiques s’interconnectant les uns avec les autres.

    Par exemple : un senior sous surveillance médicale peut porter une veste dotée de bio-capteurs permettant de mesurer certains paramètres physiologiques. Ces données sont transférées par Internet, par Bluetooth ou Wi-Fi ou même par un téléphone portable. Si cette personne a un accident dans un jardin ou sur une route isolée, le repérage de sa position par GPS permettra à l’ambulance de la secourir.

    Voici donc une convergence entre des capteurs biologiques, des wearables - vêtements constitués de tissus intelligents -, des portables ou émetteurs récepteurs sans fil, des satellites de géolocalisation, des réseaux Wi-Fi, etc. Voilà ce que j’entends par la convergence de modules physiques interconnectés dans un système de communication intégré.


    Signification du terme "biotics" ?

    J’ai formé le terme biotics à partir de "biologie" et "informatics", traduction de "informatique" en anglais. J’avais d’abord proposé dans plusieurs articles écrits entre 1982 et 1984 le terme BIOTIQUE pour illustrer ce mariage improbable à l’époque de la biologie et de l’informatique. Voir la section consacrée à ce thème sur mon site avec une bibliographie à jour.

    La société de conseil que j’ai créée et qui s’est spécialisée dans la prospective sur les nouvelles technologies – bio, info, éco et nano – porte le nom de Biotics.


    Quel est votre rôle auprès du directeur de la Cité des Sciences ?

    Je suis le conseiller du président de la Cité des Sciences et de l’Industrie, après en avoir été pendant plusieurs années le directeur, notamment du développement et des relations internationales, puis de l’évaluation et de la prospective.

    Mon rôle consiste principalement à réfléchir aux nouveaux thèmes d’expositions, à contribuer à la communication de la Cité vers l’extérieur, à entretenir des relations institutionnelles avec nos grands partenaires et à intervenir régulièrement comme conseiller scientifique ou conférencier sur les grands sujets de société qui intéressent le personnel de la Cité et ses visiteurs.


    Sur quels projets d’exposition travaillez-vous actuellement avec la Cité ?

    Nous fêtons notre vingtième année d’existence, pendant lesquelles nous avons accueilli 60 millions de visiteurs. Nous recevons 3,5 millions de visiteurs par an. Nous avons battu tous les records de fréquentation en 2005 grâce à des expositions comme Crad’Expo ou Star Wars.

    Nous avons actuellement une gamme d’expositions variée : l’ombre à la portée des enfants (une sorte de maison hantée expliquant le rôle de l’ombre dans notre vie), biométrie (de l’empreinte à la lecture de l’iris et bientôt à l’ADN), le verre dans l’empire romain, les risques sismiques dans les tremblements de terre et les tsunamis. Nous ouvrirons très prochainement une exposition sur l’eau, une autre sur l’environnement et les ressources renouvelables…


    Que pensez-vous du "débat" actuel sur le droit d’auteur ?

    Il relève d’un monde qui n’est plus le même. Le passage de l’univers des objets à celui du numérique change radicalement les "règles du jeu", économiques et juridiques. 230 ans après Beaumarchais, il nous faudrait un Beaumarchais du numérique. Nous changeons d’échelle. Ce qui s’appliquait à des centaines de consommateurs de CD sous copyright doit être transposé à des dizaines de millions de téléchargeurs afin de reconnaître aussi leurs droits et leurs obligations.

    N’oublions pas l’équation Flux + buzz = Bizz. Le P-DG d’un major de la musique a dit (le Monde du 7 mars 2006) : "Non, le Net ne tuera pas les Labels". Il voulait dire par là que, alors que son marché il y a quelques années reposait sur des CD, des cassettes vidéo et audio, et plus récemment des DVD, le marché d’aujourd’hui se développe sur une multiplicité de produits et de services associés, mêlant, le gratuit, le payant à bas prix, le payant à prix fort, et comprenant des téléchargements payants, des sonneries de téléphone, des jeux vidéo, des tournées, des concerts, du marketing et du sponsoring intéressant des industriels, etc.

    Les gouvernements devraient plus se préoccuper de "catalyse" que de répression. A savoir, accompagner un mouvement irréversible, le laisser se stabiliser, et réglementer modérément, plutôt que de légiférer dans l’angoisse des nouvelles technologies. Souvenons-nous du disque vinyle et de la radio, les producteurs de disque étaient contre la diffusion de la musique par les radios, c’est maintenant une des plus grosses sources de leurs revenus.

    Souvenons-nous de Hollywood et de la télévision refusant la licence de leur film sous prétexte que si les gens voient les films à la télé, ils n’iront plus dans les salles. Souvenons-nous enfin des maisons d’édition et de photocopieurs, ils allaient tuer le livre ! Rien de tout ceci ne s’est produit. Pas de loi donc dans l’angoisse des nouvelles technologies, pas de loi sous la pression des industriels, les pronétaires sauront rappeler les erreurs commises dans le cadre d’une répression disproportionnée par rapport aux enjeux de la civilisation du numérique.


    Qu’en est-il des technologies biométriques, jusqu’où pouvons nous aller ?

    Les technologies biométriques telles qu’elles sont actuellement exposées à la Cité des Sciences reposent traditionnellement sur l’empreinte digitale mais, plus récemment par exemple sur la structure de l’iris, la forme des oreilles, le dessus de la main voire la signature électronique. Mais d’autres technologies existent notamment sur la reconnaissance de la voix, d’un visage ou de l’odeur du corps.

    Les ordinateurs très puissants aujourd’hui peuvent dans un temps très bref comparer les traits d’un visage à des informations stockées dans des bases de données, des nez artificiels détecter l’odeur caractéristique de chaque personne (résultant de son alimentation, de ses produits de toilette ou cosmétique) ou encore les caractéristiques de sa voix.

    Mais attention, de nouvelles techniques vont entrer en jeu, encore plus indiscrètes. En effet, en marchant, nous laissons derrière nous des poussières, des cheveux, des pellicules, des squames, à partir desquels des prélèvements d’ADN peuvent identifier un individu sans qu’il s’en doute.

    Big Brother est déjà parmi nous ! La biométrie, peut avoir de grands avantages pour la sécurité ou contre le terrorisme mais conduire à une société de "flicage" permanent où la traçabilité permettra de suivre les individus dans leurs démarches les plus courantes. La vigilance s’impose et donc l’information qui constitue la base de la prise de responsabilité. C’est notre mission à la Cité des Sciences en présentant ce type d’exposition.


    Avez-vous un blog ?

    En réponse à de nombreuses questions sur mes derniers livres, voici leurs blogs : pour le livre sur la longévité écrit avec J.L. Servan-Schreiber et F. de Closets ("Une vie en plus", Edition du Seuil, 2005), le blog est www.unevieenplus.com.

    Pour la révolte du pronétariat, Des mass media aux médias des masses, le blog est www.pronetaire.com. Le journal citoyen en ligne est www.agoravox.com. Je n’ai pas de blog personnel et n’en ferai pas pour le moment, je suis satisfait avec mon site traditionnel www.derosnay.com que je mets régulièrement à jour.

    Joël De Rosnay : Merci à tous pour ces intéressantes questions, rendez-vous sur les blogs pour continuer le dialogue.

     

    Pour en savoir plus :

    > Biotic de Joel de Rosnay

    Joël De Rosnay est Conseiller du Président de la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette. Il est aussi Président exécutif de Biotics International.

    2002
    Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette : directeur de la prospective et de l’évaluation.
    1995
    Europe 1 : chroniqueur scientifique.
    1984 Institut Pasteur : directeur des applications de la recherche.

    Et aussi Auteur d’une douzaine d’ouvrages, dont "La plus belle histoire du monde", avec Yves Coppens, Hubert Reeves et Dominique Simonnet (Seuil, 1996) Lauréat du Prix de l’Information Scientifique 1990 de l’Académie des Sciences et du prix Benjamin Constant des Arts de la Communication 1994 de la Société d’Encouragement de l’Industrie Nationale.


    > Sites de JR

    > derosnay.com
    >
    pronetaire.com
    > unevieenplus.com

    > agoravox.fr

    Source : Journaldunet

    Votre dévouée reporter ARTVotre accès en direct de la Révolution Technologique



     
    "Partager". C’est le nouveau slogan de Sun Microsystems, jamais en manque de projets francassants, et qui mise de plus en plus sur le logiciel libre. Interview de Scott MacNeally, PDG d’une des entreprises les plus iconoclastes de la Silicon Valley.

    Sun Microsystems n’en a pas fini avec sa traversée du désert. La stratégie atypique du constructeur informatique, lancée il y a quatre ans, peine encore à porter ses fruits, malgré plus de 2 milliards de dollars par an dépensés en recherche et développement. Mais Sun Microsystems persiste et signe dans la voie iconoclaste. Pour sortir du rouge et se démarquer de ses concurrents directs, Microsoft, IBM, Intel, HP et Dell, l’inventeur du langage java mise sur le logiciel libre, le service à la demande et des serveurs moins gourmands en énergie. Explications de Scott McNealy, le Pdg de Sun, qui ne craint jamais de mettre les pieds dans le plat. Illustrations avec son contre-projet de portable à moins de 100 dollars.

    2006 sera-t-elle l’année du grand retour de Sun aux bénéfices ?

    Même si je ne veux pas prédire notre retour à la rentabilité, j’aimerais éclaircir quelques points. Notre priorité numéro 1 est aujourd’hui de retrouver rentabilité et la croissance. Et honte à nous si malgré notre investissement en recherche et développement, une marge brute de 42 à 43% et nos clients, nous n’arrivons pas à atteindre cet objectif. Pour cela, nous comptons sur la commercialisation des serveurs UltraSparc T1 et Galaxy, équipés de nouveaux processeurs multi-coeur, et à la popularité de notre suite logicielle Java Enterprise Système, qui compte déjà plus d’un million d’utilisateurs. Beaucoup d’analystes financiers nous reprochent aussi de fournir gratuitement nos logiciels, comme le système d’exploitation Solaris, nos applications ou bien encore Java. Mais le but derrière cette stratégie est de vendre plus de matériel pour ensuite proposer des contrats de maintenance et de service. Une stratégie qui porte ses fruits si l’on considère la progression de notre marge brute qui n’était que de 39% il y a quelques années.


    L’une des nouvelles priorités de Sun est de réduire la consommation d’énergie de ses serveurs? Pourquoi ce critère est-il devenu si important dans l’informatique actuelle? 

    D’abord, il faut savoir que pour des entreprises comme Google ou Yahoo, qui possèdent d’importants parcs de serveurs, la facture électrique représente le deuxième centre de coût après le salaire de leurs employés. Or la facture énergétique d’une entreprise est directement liée à la consommation électrique du processeur de ses serveurs, qui nécessite toute une infrastructure (alimentation, ventilateur, chassis) pour le refroidir. Sans compter l’installation et la consommation de la climatisation nécessaire pour refroidir le centre de données. Outre la production de composants (processeurs, mémoires, …) moins gourmands en énergie, il est aussi important de limiter le gaspillage électrique par l’utilisation, par exemple, de blocs d’alimentation plus efficaces dans leur transformation du courant alternatif en courant continu. D’autre part, et c’est beaucoup moins connu du grand public, près de 50% de l’électricité est perdue ou gaspillée lors de son transport sur les lignes électriques. C’est pourquoi, je commence à voir des entreprises déplacer leur centre de données proche des centrales électriques afin de profiter de meilleurs tarifs.

    Vous avez récemment critiqué le portable à 100 dollars proposé par le MIT. Pourquoi ? 

    Je ne critique pas la cause que je trouve au contraire très noble, mais seulement la solution. D’abord, ce chiffre de 100 dollars n’est possible que parce qu’il y a subvention des gouvernements qui vont les distribuer à leur population. C’est pourquoi j’affirme que chez Sun nous sommes capables de proposer un portable pour moins cher, dans les 75 dollars. Tout simplement parce que ce portable, que j’appelle DOIP (Display over IP ou écran sur IP, ndlr) n’utilise pas de processeur, x86 ou autre, ni système d’exploitation traditionnel, pas même Linux. Deux composants qui consomment beaucoup d’énergie et nécessitent d’intégrer des barrettes de mémoire. En revanche, un portable DOIP n’a pas besoin de mémoire car toutes les applications et les informations proviennent du réseau Internet auquel il se connecte dès sa mise en route. DOIP n’est finalement qu’un écran Wi-Fi équipé d’une carte à puce pour l’authentification. Il consomme 15 watts alors qu’un PC en utilise plus de 120. Ce portable DOIP existe déjà sous le nom de SunRay et il est fabriqué aujourd’hui par Samsung pour environ 700 dollars. Mais en jouant sur l’effet de volumes, la subvention des gouvernements et un design légèrement modifié, on atteindra les 75 dollars.

    > Executive Bios : Scott MacNeally  / complément de bio

    Source : L’express

    Votre dévouée reporter ARTAccès en direct de la Révolution Technologique



    Feuilleton "Be Téléchargement légal ou not to be !"

    Alors que la France se pose des questions, conceptualise, et surenchérit dans des joutes verbales sans fin sur la législation disons la plus adaptée, l’Amérique a défaut de prendre du recul, tient son rang dans un système capitalistique qu’elle prône comme étant la règle.  Ainsi, des sociétés évangélisent tout Hollywood autour de technologies "sans faille" assurant le contrôle de citoyens, américains ou non d’ailleurs, sur leur rapport… au téléchargement d’oeuvres artistiques. Un contrôle en tout bien tout honneur, il va sans dire !

    Un mal pour un bien qui a le mérite de mettre Hollywood au pied de certaines sociétés telles que BayTSP.
    Bon vent à cette start-up… alors que pendant ce temps, le France préserve son exception culturelle à coup de forum, débat, discussion. La décision concernant le téléchargement Peer to Peer  et le droit d’auteur se statura le 7 mars, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire.  A votre calendrier, il n’y a pas seulement la Fête de la Francophonie, ou celle de la Femme en Mars !

     

     
    BayTSP est une start-up spécialisée dans l’identification des pirates sur Internet. Sa technologie soi-disant « sans faille » est utilisée par les studios et les labels d’Hollywood. Interview du PDG Mike Ishikawa sur son métier, l’évolution du piratage et le projet français de licence globale.

    Le piratage de films et de musique sur Internet est loin de ralentir. C’est le constat de Mike Ishikawa, le PDG de l’entreprise de sécurité BayTSP qui a été engagée par tous les studios de cinéma et la majorité des labels d’Hollywood pour identifier les pirates du monde entier et les poursuivre. Les algorithmes que sa société a mis au point sont capables de repérer un maximum de copies illégales d’un film ou d’un contenu donné, de déterminer le premier émetteur et ceux qui l’ont téléchargé par la suite. Ce chasseur de pirates voit donc d’un oeil sévère l’éventualité soulevée en France d’une licence globale de téléchargement qui légaliserait l’échange de contenus piratés pour un usage personnel.

    L’offensive judiciaire en règle des majors contre des internautes a-t-elle réduit le piratage ? 

    Pas vraiment. Aujourd’hui, on identifie quotidiennement près de 5 millions d’échanges pirates sur Internet. Les principaux réseaux sont eDonkey et BitTorrent pour les fichiers les plus volumineux, comme la vidéo ou la musique haute-fidélité, et Gnutella et FastTrack pour le reste. En 2005, la France s’est positionnée au deuxième rang des pays, derrière l’Espagne mais devant l’Allemagne et les Etats-Unis, en nombre de fichiers illégaux piratés sur le Net. Tandis que les pays asiatiques, comme la Chine ou la Corée où la piraterie et la contre-façon physique est omni-présente, sont encore loin derrière par manque d’une infrastructure Internet capable de supporter de tels niveaux de trafics.  

    Votre technologie permet-elle d’identifier, sans risque d’erreur, les pirates ? 

    Même si nous ne sommes pas certain de pouvoir identifier tous les internautes qui piratent les contenus de nos clients sur Internet, en revanche, nous garantissons à 100% l’exactitude de l’identité des personnes que nous prenons en flagrant délit. Après identification, nous envoyons un courrier à leur fournisseur d’accès, leur université ou bien leur employeur, en leur demandant d’arrêter leur activité illégale. Comme cela a été le cas par exemple avec les « screeners » des Oscars à l’origine de la diffusion sur Internet de près de 200.000 copies illégales des films en compétition. Aujourd’hui, même si la majorité du contenu échangé illégalement sur les réseaux P2P sont de la musique, des films et des séries télé, nous voyons une résurgence du nombre de logiciels échangés. En décembre dernier, nous avons identifié plus de 78.000 copies pirates d’Office XP et d’Adobe Acrobat. Photoshop, Norton Antivirus et Microsoft InfoPath 2003 font aussi partis des logiciels les plus piratés sur Internet. Cela peut paraître peu en volume mais à raison de 300 à 500 dollars par copie illégale, cela risque d’atteindre rapidement des sommes aussi faramineuses que pour les films ou la musique. 

    Les parlementaires français ont voté récemment un amendement qui légalise le téléchargement en échange d’une redevance mensuelle. Qu’en pensez-vous ? 

    C’est un sujet qui préoccupe beaucoup nos clients. Pour eux, le fait de rendre légal le téléchargement de copies pirates de logiciels ou de contenus médias est tout simplement une parodie de loi sur le copyright. Et puis comment déterminer le prix d’une version pirate de Star Wars. Et qui va recevoir cet argent ? Non, ce serait vraiment une grave erreur si la France entérinait une telle loi, d’autant qu’elle s’exposerait alors à des sanctions d’organismes internationaux, en tant que signataire de la convention de Berne sur la propriété intellectuelle. Par ailleurs, les éditeurs réfléchiront à deux fois avant de proposer leurs contenus (films, musique, photos, logiciels, etc.) en France, ou bien décideront de les commercialiser dans l’hexagone en dernier, de peur d’être piratés en toute légalité !

    Source : L’express

    Votre dévouée reporter ARTAccès en direct de la révolution Technologique

    "Hollywood n’est rien d’autre qu’une gigantesque partie de pokerchacun détient à tour de rôle le pouvoir de dire non."
    [Antonio Banderas]


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